Avec tous les changements de cadre méthodologique et réglementaire liés à la directive Omnibus, on peut parfois se sentir un peu perdu lorsqu’il s’agit de mettre en place une démarche RSE en entreprise.
Cette perte de repère est d’autant plus présente pour les PME qui ne savent pas trop sur quel pied danser à ce sujet. Pour y voir plus clair dans ce brouillard de réglementations, nous vous avons concocté un guide de la RSE pour les PME en 2026.
Nous y parlerons des spécificités en matière de RSE pour les PME, des avantages, mais aussi des étapes à mettre en place en entreprise pour mettre en place une démarche RSE.
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Les spécificités en matière de RSE à connaître pour les PME
La RSE réserve certaines spécificités pour les PME. C’est ce que nous allons modestement tenter de décrypter dans cette première partie.
PME et RSE : de quoi parle-t-on ?
Avant toute chose, pour être sur la même longueur d’onde tout au long de ce guide, on vous (ré)explique en quelques lignes les deux notions clés qui nous intéressent : la RSE et les PME.
La RSE : Késako ?
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) désigne l’intégration des préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans les activités d’une entreprise et dans ses interactions avec ses parties prenantes.
Elle s’appuie sur la norme ISO 26000, qui structure la RSE autour de sept grandes questions centrales :
- Gouvernance
- Droits humains
- Relations et conditions de travail
- Environnement
- Loyauté des pratiques
- Questions relatives aux consommateurs
- Développement local.
Quels sont les critères pour qualifier une entreprise de PME ?
Le terme PME (Petites et Moyennes Entreprises) désigne, selon la définition européenne, les entreprises de :
- Moins de 250 salariés
- Moins de 50 millions d’euros de CA (Chiffre d’Affaires)
- Ou moins de 43 millions d’euros de bilan total.
Pour contextualiser : « Les PME représentent 99 % de la totalité des entreprises dans l’UE. Elles constituent la colonne vertébrale de son économie. »
Source : eur-lex.europa.eu
Pourquoi une PME fait-elle face à des défis RSE spécifiques ?
Appliquer une démarche RSE au sein d’une PME nécessite de répondre à certains défis spécifiques.
Cela implique d’abord de structurer et formaliser une démarche existante mais diffuse : Dans de nombreuses PME, des actions responsables existent déjà, mais le vrai enjeu va être de passer d’une somme d’initiatives indépendantes, à un plan d’action RSE cohérent et mesurable.
Il s’agit aussi de valoriser et de communiquer clairement sur la démarche engagée, sans tomber dans l’écueil du greenwashing.
Enfin, les PME subissent une forte pression de la part des investisseurs et des partenaires financiers, ce qui signifie qu’un des défis principaux d’une PME est de comprendre les attentes RSE des banques, assureurs et donneurs d’ordre, alors même que le cadre réglementaire n’est pas forcément très précis (ce que nous aborderons dans la partie suivante).
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Quel cadre réglementaire de la RSE pour les PME
« Est-ce qu’on est obligé de mettre en place une démarche RSE en entreprise ? »
Pas une seule semaine ne passe sans qu’un patron de PME ne me pose cette question ! La réponse à celle-ci est nuancée : en 2026, il n’existe pas d’obligation formelle de se conformer à telle ou telle obligation de reporting extra-financier.
En revanche, il faut noter que ces PME évoluent dans un cadre réglementaire en mutation rapide, et que tôt ou tard, elles seront obligées d’y passer.
Alors, autant prendre de l’avance non ?
En attendant, pour vous aider à y voir plus clair, je vous propose un rapide tour d’horizon du cadre réglementaire (qui s’applique donc pour l’instant principalement aux grandes entreprises).
La CSRD : une obligation orientée vers les grandes entreprises
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), entrée progressivement en application en Europe, impose aux grandes entreprises de publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Les PME non cotées ne sont pas directement visées à court terme. En revanche, les PME cotées sur un marché réglementé sont concernées, avec des standards simplifiés.
De plus, les discussions européennes récentes autour des dispositifs dits « Omnibus » ont conduit à des ajustements de calendrier et à des clarifications sur le périmètre des entreprises concernées.
Cela ne signifie pas un abandon du cadre réglementaire, mais plutôt une volonté d’éviter une surcharge administrative brutale pour les structures les plus petites.
🙌 En résumé
Pour les PME, cela signifie que l’obligation réglementaire directe reste limitée à court terme
La VSME : un cadre volontaire pour structurer la RSE des PME
En parallèle de la CSRD, l’Europe a développé un référentiel volontaire : la VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs).
Ce standard vise à proposer un cadre simplifié et proportionné aux petites et moyennes entreprises, afin de :
- faciliter la communication avec les partenaires financiers,
- structurer les indicateurs clés,
- anticiper les exigences futures.
La VSME ne constitue pas une obligation légale pour les PME non cotées. Toutefois, elle représente un outil pour celles qui souhaitent formaliser leur démarche et dialoguer efficacement avec leurs parties prenantes.
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PME et RSE : quels avantages ?
Inscrire sa PME dans une démarche RSE volontariste comporte de nombreux avantages :
- Anticiper les réglementations futures
- Accroître la compétitivité de l’entreprise
- Renforcer ses liens avec les parties prenantes
- Et accessoirement…s’engager en faveur d’améliorations sociales et environnementales
1. Anticiper les réglementations futures
Si la relation PME et RSE est aujourd’hui principalement volontaire, elle s’inscrit dans une dynamique réglementaire de fond qui, elle, ne ralentit pas. On ne sait pas encore quand ni comment, mais il est évident que les PME feront face tôt ou tard à des obligations réglementaires, qu’il semble légitime d’anticiper.
Aussi, il est essentiel de comprendre que les grandes entreprises déjà soumises à ces obligations vont progressivement exiger des données fiables de leurs fournisseurs, dont de nombreuses PME.
L’intégration d’une démarche RSE pour les PME permet également de prévenir certains risques liés aux enjeux climatiques, comme :
- Une hausse potentielle des coûts de l’énergie
- Une vulnérabilité logistique
- Une exposition à des risques physiques
Mais aussi de faire preuve de résilience économique, en permettant, une meilleure visibilité stratégique et une meilleure adaptation aux mutations du marché.
2. Accroître sa compétitivité
Vous vous dites peut-être que conformer votre PME à certaines exigences RSE représente un frein business. En réalité, c’est plutôt l’inverse : la prise en compte de certains critères extra-financier peut vous offrir de vrais avantages comparatifs sur vos concurrents.

Un avantage déterminant dans les appels d’offres
Aujourd’hui, les critères extra-financiers occupent une place croissante dans les marchés publics.
Une PME capable de démontrer un bilan carbone structuré ou une charte éthique formalisée dispose alors d’un avantage compétitif face à des concurrents moins avancés.
Un levier d’attractivité et de fidélisation
La compétitivité concerne également la capacité à attirer et retenir les talents. Les nouvelles générations, mais aussi des profils expérimentés, accordent une importance croissante au sens du travail et à l’engagement sociétal de leur employeur.
Une démarche RSE claire permet :
- De renforcer la marque employeur,
- D’améliorer la cohésion interne,
- De réduire le turnover.
3. Renforcer le lien avec les parties prenantes
Dans une PME, la proximité entre l’employeur et les employés est une force. La gouvernance est souvent incarnée, les décisions sont rapides, les équipes se connaissent. C’est dans ce contexte que la relation PME et RSE prend toute sa dimension ; la RSE devenant ainsi un outil de cohésion et d’alignement collectif dans l’entreprise.
La RSE fédère les équipes autour d’un projet commun
Une démarche RSE permet de dépasser la simple logique économique pour inscrire l’entreprise dans un projet plus large de contribution environnementale et d’engagement sociétal..
Pour les collaborateurs, cela crée du sens. Pour le dirigeant, cela clarifie la vision.
La RSE permet d’engager les fournisseurs et les prestataires
La RSE infuse dans l’ensemble de la chaîne de valeur. Une PME peut par exemple intégrer des critères responsables dans ses achats : sélection de fournisseurs locaux, exigences sociales minimales, transparence environnementale.
En instaurant un dialogue responsable avec ses partenaires, la PME renforce sa crédibilité et diminue ses risques (ruptures d’approvisionnement, non-conformités, atteintes réputationnelles).
La RSE consolide la relation avec les clients
Les clients attendent davantage de transparence environnementale et sociale. Dans un contexte où la défiance envers le greenwashing est forte, les engagements formalisés rassurent.
Une PME capable de démontrer ses indicateurs environnementaux ou sociaux renforce la confiance et la fidélité.
Tisser des liens avec le territoire et les associations
Enfin, la RSE favorise l’ancrage territorial : partenariats associatifs, implication dans des initiatives locales, soutien à l’économie circulaire. Cette dimension renforce la légitimité sociale de l’entreprise.
4. Et accessoirement…s’engager dans une vraie démarche sociale et environnementale
Il serait presque paradoxal de parler longuement de compétitivité, de résilience ou d’avantage concurrentiel sans rappeler l’essentiel : La relation RSE dans les PME vise d’abord à réduire les impacts négatifs et à renforcer les contributions positives de l’entreprise sur son environnement.
Réduire son empreinte environnementale
Mettre en place une démarche RSE en PME permet d’objectiver ses impacts :
- consommation énergétique
- émissions de gaz à effet de serre
- gestion des déchets
- consommation d’eau
- mobilité des salariés
- etc
En ce sens, l’établissement d’un bilan carbone ou d’un diagnostic environnemental constitue la première étape de gains environnementaux et sociaux lui permettant de réduire son empreinte environnementale.
Contribuer à l’effort collectif face au changement climatique
Le contexte climatique mondial impose une responsabilité collective. Chaque entreprise, quelle que soit sa taille, participe à un système économique global dont l’empreinte cumulée est significative.
Selon les travaux du GIEC, la limitation du réchauffement à 1,5 °C nécessite une réduction rapide et massive des émissions mondiales de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies.
Source : GIEC – Rapport de synthèse AR6
Même si une PME représente une part modeste des émissions globales, son rôle n’est pas négligeable, notamment au regard de son influence locale et sectorielle.
Mettre en place une démarche RSE en PME en 4 étapes
Après avoir constaté la multitude d’avantages que confère la mise en place d’une démarche RSE dans les PME, on vous explique en quatre étapes comment la mettre en place au sein de votre entreprise :
- Etablir le diagnostic RSE de l’entreprise
- Définir des objectifs et un plan d’actions RSE
- Mettre en place des indicateurs de suivi
- Communiquer en interne et en externe sur ses engagements
1. Etablir le diagnostic RSE de l’entreprise
Tout commence par un diagnostic RSE : Il permet d’identifier les impacts réels de l’entreprise, ses forces, ses vulnérabilités et ses priorités d’action.
Avant toute chose : Nommer un responsable RSE
Dans une PME, la gouvernance est souvent centralisée. C’est un avantage, à condition de structurer la responsabilité du projet en désignant un ou une référent(e) RSE.
Ce référent n’a pas nécessairement besoin d’être à temps plein. En revanche, il doit disposer d’une certaine légitimité interne et d’un mandat clair.
Identifier les parties prenantes
Une PME n’évolue pas en vase clos !
Chaque partie prenante : clients, fournisseurs, salariés, partenaires financiers, collectivités locales exerce une influence et peut être impacté par l’activité de l’entreprise.
Cartographier ces parties prenantes permet de comprendre :
- leurs attentes,
- leurs exigences potentielles
- les risques de non-conformité ou de réputation.
Identifier les enjeux prioritaires
Toutes les PME n’ont pas les mêmes impacts ni les mêmes priorités. Une entreprise industrielle aura des enjeux environnementaux forts liés à l’énergie ou aux matières premières alors qu’une société de services devra davantage se concentrer sur le capital humain, ou le numérique responsable.
Le diagnostic RSE permet de hiérarchiser :
- les enjeux environnementaux (émissions, ressources, déchets),
- les enjeux sociaux (conditions de travail, formation, diversité),
- les enjeux de gouvernance (éthique, transparence, conformité).
Il s’agit donc de prioriser ces enjeux de manière pragmatique.
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2. Définition des objectifs et d’un plan d’action RSE
Il s’agit dans cette deuxième étape de transformer les constats en engagements mesurables en définissant des objectifs, puis des actions pour y parvenir, tout en engageant ses collaborateurs dans le projet.
Définir ses objectifs
Les objectifs RSE doivent être à la fois ambitieux et réalistes (pas évident de trouver le juste milieu !)
Pour vous faciliter la tâche, nous vous recommandons de formuler des objectifs selon 4 critères :
- spécifiques (réduction de X % des émissions sur trois ans),
- mesurables (indicateurs chiffrés),
- atteignables (compatibles avec les ressources de la PME),
- temporellement définis.
Établir un plan d’action RSE
Une fois les objectifs définis, vous pouvez à présente formaliser les actions permettant de les atteindre. Ces actions peuvent être de nature diverse, il peut s’agir :
- D’investissements énergétiques,
- De formation des équipes,
- D’une refonte des processus d’achat,
- De la mise en place d’indicateurs de suivi,
- Du déploiement d’outils numériques responsables.
Le plan d’action doit préciser les responsabilités, les échéances et les ressources allouées pour atteindre les objectifs.
Embarquer les collaborateurs
Aucune démarche RSE ne réussit sans l’adhésion des équipes. Former les collaborateurs aux enjeux environnementaux, sociaux ou numériques responsables favorisent en effet l’appropriation et l’engagement. Cela peut prendre des formes diverses :
- Ateliers participatifs,
- Formations certifiantes,
- Groupes de travail transverses.
Une PME qui implique ses salariés dans la co-construction de sa feuille de route RSE renforce la cohésion interne et la motivation collective.
3. Mise en place d’indicateurs de suivi
Mettre en place des outils de suivi permet de mesurer les progrès réalisés, mais aussi d’identifier les écarts et d’ajuster la trajectoire.
Ils jouent plusieurs rôles essentiels :
- Mesurer l’efficacité des actions engagées (ex. réduction des consommations énergétiques).
- Démontrer les résultats aux parties prenantes (clients, financeurs, collaborateurs).
- Anticiper les exigences réglementaires futures en structurant déjà la collecte de données.
- Piloter la performance globale en intégrant des dimensions extra-financières dans la stratégie.
Les indicateurs doivent être alignés avec les enjeux identifiés lors du diagnostic. Ils peuvent être d’ordre :
- Environnementaux : émissions de CO₂ (scopes 1, 2 et éventuellement 3), consommation d’énergie, production de déchets, taux de recyclage, consommation d’eau.
- Sociaux : taux d’absentéisme, turnover, heures de formation par salarié, égalité professionnelle.
- De gouvernance : formalisation des politiques éthiques, cartographie des risques, suivi des audits fournisseurs.
Si les objectifs ne sont pas atteints, il convient d’identifier les freins et de mettre en œuvre une logique d’amélioration continue, très présente dans les systèmes de management de type QSE.
📕 En résumé
Le suivi d’indicateurs confère à la PME une vision claire de sa trajectoire et renforce sa crédibilité auprès de ses parties prenantes.
4. Communication en interne et en externe des engagements RSE de sa PME
La première cible de votre communication RSE, ce sont vos équipes. Une démarche responsable qui reste cantonnée à la direction perd en impact et en crédibilité.
Dans ce cadre, nous vous conseillons de partager régulièrement :
- les objectifs fixés,
- les actions engagées,
- les résultats obtenus,
- les axes d’amélioration identifiés,
La communication interne peut prendre différentes formes : réunions d’information, intranet, newsletters internes, ateliers collaboratifs.
Il est aussi important de faire de la communication externe, car elle permet de :
- valoriser les engagements auprès des clients,
- rassurer les partenaires financiers,
- renforcer l’attractivité auprès des talents,
- affirmer son positionnement responsable sur le marché.
Cette communication externe peut se faire sur votre page internet, via un rapport RSE simplifié, sur vos réseaux sociaux etc.


