Pourquoi l’empreinte carbone numérique globale est en hausse et comment la réduire ? 

Pourquoi l’empreinte carbone numérique globale est en hausse et comment la réduire ? 

empreinte carbone numérique

Sommaire

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L’empreinte carbone numérique désigne l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées par le cycle de vie des technologies numériques. Elle s’étend de la fabrication des équipements jusqu’à leur utilisation et leur fin de vie.

Cette empreinte est en constante augmentation, portée par des usages toujours plus massifs du numérique dans différents domaines, comme l’augmentation des data centers pour répondre aux besoins des IA, ou des usages toujours plus gourmands en énergie (streaming, objets connectés, vidéos 4K, etc).

Dans cet article, nous ferons d’abord le constat de cette hausse, en détaillant les principaux postes d’émissions liés au numérique en France et dans le monde, puis nous passerons en revue les moyens de les réduire (car il en existe plus d’un !)

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En 2026, l’empreinte carbone numérique globale s’envole

L’évolution de l’empreinte carbone numérique dans le monde de 2010 à 2026

En l’espace de quinze ans, l’empreinte carbone numérique a connu une progression spectaculaire ! C’est en tout cas ce que nous révèle une large étude de GreenIT.fr qui met l’emphase sur l’évolution de l’empreinte environnementale du numérique entre 2010 et 2025.

En 2010, le numérique représentait environ 2,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (ce qui était déjà beaucoup…). Aujourd’hui, cette proportion approche les 6%, soit un niveau supérieur à celui du secteur de l’aviation civile, généralement érigé comme exemple absolu d’un secteur trop polluant.

Cette croissance s’explique d’abord par l’explosion du nombre d’équipements numériques. Le parc mondial (comprenez le nombre total d’équipements numériques) a en effet été multiplié par cinq, porté par la généralisation des smartphones, des ordinateurs portables, des téléviseurs et des objets connectés.

A noter que le nombre d’objets connectés représente la trajectoire de croissance la plus rapide, en passant d’environ 1 milliard en 2010 à près de 48 milliards aujourd’hui.

En parallèle, la taille moyenne des écrans (qu’il s’agisse des téléviseurs sur lesquels vous regardez Danse avec les Stars, ou des téléphones portables et ordinateurs) a fortement augmenté, ce qui accentue les impacts environnementaux dès la phase de production.

La production des équipements numériques concentre une part majoritaire des impacts environnementaux, en raison de l’extraction de métaux, des procédés industriels et du transport international.

Source : Ecoresponsable.numerique.gouv

Enfin, on note une explosion des usages, qui n’est pas compensée par des gains d’efficacité énergétique. Ces usages s’accentuent notamment avec le streaming vidéo, le cloud et l’intelligence artificielle.


On remarque par exemple que, selon l’ARCEP, 48% de la population française utilise l’IA, ce qui représente une augmentation de 28 points en 2 ans, or nous sommes tous désormais au fait de la pollution qu’elle génère, notamment par la consommation des data centers utilisés pour traiter les données.

Le développement rapide du numérique dans les pays émergents, souvent alimenté par une électricité plus carbonée, amplifie encore cette tendance, comme le démontre le rapport des Nations Unies de 2024 : « Façonner un avenir numérique respectueux de l’environnement et ouvert à tous »

L’empreinte carbone numérique en France
 

En France, l’empreinte carbone numérique suit une dynamique similaire à celle observée à l’échelle mondiale, même si elle présente certaines spécificités liées au mix énergétique national qui s’appuie sur le nucléaire, une énergie décarbonée.

Le numérique représente aujourd’hui environ 11 % de la consommation électrique française, soit près de 65 TWh par an lorsque l’on inclut les centres de données situés à l’étranger mais utilisés par des utilisateurs français (source : ADEME – ARCEP). Ce niveau de consommation est comparable à celui de la région Île-de-France (pour rappel, l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants !).

A noter que la situation française est partiellement atténuée par un mix électrique largement décarboné, dominé par le nucléaire (41%) et les énergies renouvelables (17%). Cela permet de limiter les émissions liées à l’utilisation des équipements, contrairement à des pays où l’électricité repose majoritairement sur des énergies fossiles.

🙌 Remarque

Cette spécificité française ne doit pas masquer la réalité : la majorité de l’empreinte carbone numérique est générée lors de la fabrication des équipements, souvent réalisée à l’étranger, dans des pays au mix énergétique plus carboné.

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Deux principaux postes d’émission dans le numérique

Dans cette partie, nous nous attaquons à deux postes d’émission carbone liés au numérique dont il est important d’avoir une connaissance claire des impacts qu’ils portent :

  • L’empreinte carbone des datacenters
  • L’empreinte carbone de l’audiovisuel

 L’empreinte carbone numérique des datacenters

Les data centers (ou centres de données dans la langue de Molière) occupent une place centrale dans l’empreinte carbone numérique mondiale. Ils constituent l’infrastructure physique indispensable au fonctionnement du cloud, du streaming, des applications métiers et, plus récemment, de l’intelligence artificielle.

En 2025, les centres de données représentent environ 46 % de l’empreinte carbone liée à l’exploitation des infrastructures numériques, contre seulement 16 % en 2020 (ADEME – ARCEP).

La France s’inscrit pleinement dans cette dynamique d’exploitation d’infrastructures numériques. Elle est devenue l’un des principaux territoires européens d’accueil des centres de données, en raison de son électricité relativement décarbonée et de sa position stratégique.

En 2025, aucun pays n’a reçu autant d’investissement directs étrangers dans l’Intelligence Artificielle que la France (69 milliards de dollars), porté par le volontarisme affiché d’Emmanuel Macron en la matière, avec en point d’orgue l’organisation du Sommet pour l’Action sur l’Intelligence Artificielle en février 2025.

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L’impact de l’audiovisuel

L’audiovisuel constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs de la hausse de l’empreinte carbone numérique. La généralisation du streaming vidéo, des plateformes à la demande et des contenus en haute définition a profondément transformé les usages, mais aussi les impacts environnementaux associés.

🙌 Note

En France, cet impact est loin d’être négligeable. Selon le rapport de l’ARCEP et de l’ARCOM, la consommation audiovisuelle à la demande a généré environ 5,6 millions de tonnes de CO₂ équivalent en 2022, soit l’équivalent des émissions annuelles de près de 4 millions de véhicules.


Ces émissions proviennent de :  

  • La fabrication qui constitue un premier facteur d’impact majeur, en raison des matériaux nécessaires et de la complexité industrielle des écrans modernes.
  • La diffusion des contenus, qui mobilise des réseaux et des centres de données qui consomment de grandes quantités d’électricité.
  • L’utilisation elle-même des équipements, qui contribue à l’empreinte globale, notamment avec la multiplication des écrans de grande taille et des résolutions élevées comme la 4K.

La publicité numérique accentue encore cet impact. Chaque contenu publicitaire diffusé nécessite des transferts de données supplémentaires, ce qui augmente la consommation énergétique globale.

: La présence de publicités dans les contenus vidéo peut augmenter jusqu’à 25 % l’impact carbone du visionnage, en raison du volume de données supplémentaires à transmettre et à traiter.

Source : notre-environnement.gouv

Avec la croissance continue du streaming et l’augmentation de la qualité des contenus, l’impact environnemental de l’audiovisuel devrait continuer à progresser dans les prochaines années.

Comment réduire l’empreinte carbone numérique ?

L’empreinte carbone liée au numérique est donc conséquente et la tendance est plutôt à la hausse pour les prochaines années. Dans ce cadre, nous souhaitons vous apporter des éléments qui vous permettent de mesurer, et de réduire activement les émissions de votre numérique en se basant notamment sur les recommandations du collectif Green IT.  

Calculer son empreinte carbone numérique

On ne peut pas réduire ce que l’on ne mesure pas !

Le calcul de son empreinte carbone numérique permet d’identifier les principales sources d’émissions liées aux équipements, aux usages et aux infrastructures numériques, et constitue la première étape d’une démarche de réduction.

Plusieurs outils permettent aujourd’hui d’estimer l’impact du numérique.

L’ADEME propose notamment des calculateurs accessibles permettant d’évaluer les émissions liées aux usages numériques, en tenant compte du nombre d’équipements, de leur durée d’utilisation et des habitudes de consommation.

Pour les entreprises, le calcul de l’empreinte carbone numérique nécessite une approche plus approfondie, fondée sur des méthodologies reconnues comme le Bilan Carbone® ou l’analyse de cycle de vie (ACV).

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Ces méthodes permettent d’évaluer l’ensemble des impacts, depuis la fabrication des équipements jusqu’à leur fin de vie, en passant par leur utilisation et les infrastructures associées. Cette approche globale permet d’identifier les postes les plus émetteurs pour agir dans un second temps.

Mesurer son empreinte carbone numérique permet ainsi de passer d’une simple perception « au doigt mouillé » à une compréhension concrète des impacts. Cette démarche constitue une bonne base pour ensuite définir une feuille de route et engager une réduction durable des émissions liées au numérique.

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Les recommandations du collectif Green IT

Le collectif GreenIT a identifié plusieurs leviers permettant de réduire les impacts environnementaux du numérique.

Leur approche repose sur l’idée d’agir en priorité sur les facteurs structurels, notamment la fabrication des équipements, qui constitue le principal poste d’émissions sur l’ensemble du cycle de vie.

1. Réduire le nombre d’objets connectés

Le premier levier concerne la réduction du nombre d’objets connectés. Leur croissance a été exponentielle, passant d’environ 1 milliard en 2010 à près de 48 milliards aujourd’hui.

Réduire le nombre d’équipements ou mutualiser certains usages permet de diminuer directement l’empreinte carbone numérique, en limitant la fabrication de nouveaux dispositifs et les impacts associés.

2. Allonger la durée de vie des équipements

Un second levier consiste à allonger la durée de vie des équipements. La fabrication étant responsable de la majorité des émissions, prolonger l’usage des ordinateurs, smartphones ou écrans permet de répartir leur impact sur une période plus longue et d’éviter la production de nouveaux équipements.

Cette approche repose sur des actions concrètes comme :

  • Une meilleure maintenance
  • La mise en avant du reconditionnement (coucou Backmarket !)
  • La réutilisation des équipements existants.

3. Réduire la taille des écrans plats

La réduction de la taille des écrans constitue également un levier. Les écrans plus grands nécessitent davantage de ressources et d’énergie pour leur fabrication. Limiter cette course à la performance permet de réduire l’empreinte carbone numérique sans dégrader significativement les usages.

4. Réduire les besoins des services numériques via leur écoconception

Enfin, l’écoconception des services numériques représente un levier très important. Elle consiste à concevoir des services plus sobres, nécessitant moins de ressources matérielles et énergétiques.

Le collectif GreenIT souligne que l’écoconception permet de réduire significativement les impacts environnementaux en limitant les besoins matériels et en prolongeant la durée de vie des équipements utilisateurs.

Ces recommandations constituent une petite partie des recommandations de Green IT, que nous vous conseillons d’aller explorer plus en détail sur leur site internet !

Quelques pistes d’actions à suivre en entreprise

En entreprise, réduire son empreinte carbone numérique, c’est possible (oui oui !), en appliquant des principes d’éco-conception, mais aussi en mettant l’emphase sur la formation de vos collaborateurs.

Dans certains cas, il est également possible d’envisager une approche low-tech ou de viser la labellisation numérique responsable pour les plus vaillants d’entre vous !

Adopter l’écoconception des services numériques en entreprise

Pour les entreprises, réduire l’empreinte carbone numérique relève d’un enjeu stratégique qui a toute son importance.

Le système d’information représente une part croissante des émissions indirectes, notamment à travers la fabrication des équipements, l’utilisation du cloud et la gestion des données.

L’écoconception des services numériques constitue un excellent levier pour réduire ses émissions. Elle consiste à concevoir des applications, des sites web ou des services digitaux en limitant leur consommation de ressources, dès leur phase de conception.

En réduisant le poids des pages ou le volume de données échangées, il est possible de diminuer les besoins en infrastructures et de prolonger la durée de vie des équipements utilisateurs.

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Se former aux écogestes du numérique

La formation des collaborateurs constitue également bon levier dans une perspective de réduction de vos émissions, car certains usages individuels, comme le stockage excessif de données, ou l’envoi de pièces jointes contenant les vidéos de vos vacances à Jean Michel de la compta, sont des pratiques très gourmandes en énergie, et surtout facilement évitables !

En ce sens, sensibiliser les équipes permet d’ancrer des pratiques plus sobres et durables.

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Adopter une approche low tech dans la mesure du possible

Adopter une approche dite « low tech » peut également s’avérer pertinent.

Il s’agit ici de privilégier des solutions robustes, réparables et adaptées aux besoins réels, plutôt que des technologies surdimensionnées. Dans de nombreux cas, la solution la plus performante sur le plan environnemental n’est pas la plus récente, mais celle qui répond précisément au besoin sans générer de surconsommation de ressources.

Viser l’obtention du label NR

Enfin, l’obtention du label Numérique Responsable permet de structurer une démarche globale.

Elle repose sur des critères exigeants couvrant la gouvernance, les équipements, les usages et la stratégie numérique et permet aux entreprises de réduire durablement leur empreinte carbone numérique.

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